Bolivie, Missions accomplies !
Nous avons quitté la Paz le 15 juin pour rejoindre Santa Cruz la capitale économique de Bolivie. Le trajet initialement de 15 heures a finalement duré 25 heures mais le soleil radieux de l’oriente nous a réconforté dès notre arrivée. Même si la ville compte 1,5 millions d'habitants, les bâtiments de la place principale ne dépassent pas trois étages, le traffic n'est pas infernal et la végétation tropicale abondante fait qu'on s'y sent comme dans une ville de province.
Très vite, nous sommes partis pour San Javier qui est le deuxième village des missions Jésuites. A l'est de la Bolive, près de la frontière brésilienne, se trouve la route de “las misiones Jesuiticas”. Cette boucle de plus ou moins 300 km passe par différents villages dont l’architecture datant de l’époque coloniale a été très bien restaurée (merci la cooprération espagnole). Cette région a été notamment redécouverte grâce au film "Mission" avec Robert De Niro de Roland Joffé (on vous le conseille). Depuis 1991, ces missions font partie du patrimoine mondiale de l’Unesco.
Petit bout d’histoire, fin 17e les premiers jésuites sont arrivés dans l'actuelle province de Santa Cruz dans le but d'évangéliser le "nouveau monde". Armés de leurs seuls instruments de musique, ils séduirent les Chiquitanos, peuple nomade de la selva bolivienne. Les Jésuites ont fortement influencé la culture locale, on retrouve encore aujourd'hui la culture baroque au travers de l'architecture des églises (construite en bois) mais aussi de la musique. On trouve dans les villages de nombreuses écoles de musique ainsi que des luthiers ! Un grand festival international de musique baroque se tient d'ailleurs dans l'un des villages des missions qui accueille des musiciens du monde entier (l'année dernière un groupe de petits belges y était). Ce petit pèlerinage, hihi, ne nous a peut être pas converti mais séduit ! Le calme des places, la luxuriance des jardins et la simplicité des gens nous ont ressourcés avant de partir dans la forêt vierge du nord est bolivien.
Après avoir visité Conception, nous arrivons à San Ignacio, point de départ des escapades dans le Parc National Noël Kempff Mercardo. Ce parc de plus de 1,5 millions d'hectares est l'un des plus grands d'Amérique latine mais aussi l'un des plus inaccessibles. Seulement 200 km séparent San Ignacio de la communauté de la Florida en bordure du parc. Pour y arriver, nous avons mis deux jours ! Tout a commencé par 12 heures de bus (et deux crevaisons) pour effectuer les 100 premiers kilomètres jusqu'au hameau de Forestal où nous avons passé la nuit à la buvette du coin entre deux tables de billard. Le lendemain, faute de transport en commun, nous avons attendu le passage d'un camion de transport de bois. Le problème, ce n'est pas de trouvé un camion mais bien d'attendre que le chauffeur finisse ses 8 canettes et ses 3 parties de billard ! Celui-ci avait la joue enflée de feuilles de coca de la taille d'un boule de billard (cfr. photo). Le trajet nous permis de contempler une myrillade de papillons colorés. Arrivé 50 km plus loin, à la Mechita, nous avons eu la chance de rencontrer une équipe médicale qui se rendait à la Florida ! Malheureusement après 5 minutes de route, la voiture s'enbourbe dans une ornière. Résultat, 5 heures d'extraction pour arriver de nuit à la communauté, fatigués mais contents d'être là.
Le lendemain, nous avons partagé le repas avec la famille qui célèbrait la fête des mamans le jour de la Sainte Marie. C'est surtout l'occasion pour les femmes de profiter d'une journée de fête pour danser et laisser aux hommes le soin de remplir leurs tâches quotidiennes. Pendant ce temps, nous profitons du rio pour nous baigner et faire une petite lessive (Nico se fera d'ailleurs mordre l'orteil par un piranha rouge affamé, sous les rires des gens de le communauté). L'aprés midi fut consacrée à la remontée en barque le Rio Paragua. Nous apercevrons nos premiers animaux : des loutres, des singes, capybaras (excellents nageurs et plongeurs, ils se jettent à l'eau quand ils se sentent menacés. Nous avons pu observer leur technique à quelques reprises !), de nombreux oiseaux, ... De retour à la communauté, nous faisons la connaissance de Mario, 22 ans, qui sera notre guide durant nos quatre jours à l'intérieur du parc. Le parc abandonné depuis un an et demi, oblige les quelques visiteurs qui s'y aventurent à être en complète autonomie en nourriture et de se munir d'une machette pour debroussailler le chemin.
Le premier jour, l'objectif était d'atteindre le campement de Los Fierros situé à 35 km de la Florida. Nous sommes partis à 7 heures du matin pour atteindre après 12 heures de marche le campement qu'on attendait plus. Le chemin s'apparentait à un long couloir de verdure rectiligne et sans relief qui nous parut interminable. En plus, Mario n'ayant pas de points de repère, il ne savait pas nous renseigner sur la distance qu'il restait à parcourir (à 14h30, il nous a dit avec un grand sourire qu'il restait 1 heure de marche. Nous sommes finalement arrivés à 19h !). Il nous fallu deux jours au campement pour récupérer et se préparer au retour. Bilan de l'opération : observation de nombreuses traces d'animaux (tapirs, jaguars, pumas, zorros), un serpent, de beaux papillons bleus de la taille d'une main, des dizaines de toiles et d'araignées mais pas grand chose d'autre... C'est donc fourbus que nous sommes revenus à la communauté, content d'avoir relevé le défis ! Restait à effectuer le chemin de retour pour San Ignacio... heureusement une grande partie du chemin a pu être parcourue avec l'équipe médicale justement de passage à la communauté. Sur la route, nous avons vu quelques zorros et agoutis ce qui venait compléter notre tableau pas de chasse mais d'observations. Le dernier tronçon de piste, nous l'avons effectué à l'arrière d'un camion qui a mis 4 heures pour parcourir 50 km, 4 heures de tremblements incessants. Bref, ce fut une véritable expédition de 9 jours hors des sentiers battus dans une autre réalité bolivienne.
De retour à San Ignacio, un cirque colombien nous a offert un bon divertissement avec ses clowns à l'humour pipi-caca qui semblaient beaucoup plaire à l'assemblée, le trapéziste spiderman, sans oublier les danseuses strip-teaseuses. Nous avons bouclé la boucle des missions par San Miguel, San Raphaël et San José. Cette dernière possède la seule église en pierre des missions mais aussi la seule gare, ce qui nous a permis de rentrer plus vite et plus confortablement à Santa Cruz. Pour la suite, nous comptons découvrir l'altiplano (sud-ouest de la Bolivie) avant de rejoindre l'Argentine.
Amor, suerte y paz et pour Sam, pensées positives...
Très vite, nous sommes partis pour San Javier qui est le deuxième village des missions Jésuites. A l'est de la Bolive, près de la frontière brésilienne, se trouve la route de “las misiones Jesuiticas”. Cette boucle de plus ou moins 300 km passe par différents villages dont l’architecture datant de l’époque coloniale a été très bien restaurée (merci la cooprération espagnole). Cette région a été notamment redécouverte grâce au film "Mission" avec Robert De Niro de Roland Joffé (on vous le conseille). Depuis 1991, ces missions font partie du patrimoine mondiale de l’Unesco.Petit bout d’histoire, fin 17e les premiers jésuites sont arrivés dans l'actuelle province de Santa Cruz dans le but d'évangéliser le "nouveau monde". Armés de leurs seuls instruments de musique, ils séduirent les Chiquitanos, peuple nomade de la selva bolivienne. Les Jésuites ont fortement influencé la culture locale, on retrouve encore aujourd'hui la culture baroque au travers de l'architecture des églises (construite en bois) mais aussi de la musique. On trouve dans les villages de nombreuses écoles de musique ainsi que des luthiers ! Un grand festival international de musique baroque se tient d'ailleurs dans l'un des villages des missions qui accueille des musiciens du monde entier (l'année dernière un groupe de petits belges y était). Ce petit pèlerinage, hihi, ne nous a peut être pas converti mais séduit ! Le calme des places, la luxuriance des jardins et la simplicité des gens nous ont ressourcés avant de partir dans la forêt vierge du nord est bolivien.
Après avoir visité Conception, nous arrivons à San Ignacio, point de départ des escapades dans le Parc National Noël Kempff Mercardo. Ce parc de plus de 1,5 millions d'hectares est l'un des plus grands d'Amérique latine mais aussi l'un des plus inaccessibles. Seulement 200 km séparent San Ignacio de la communauté de la Florida en bordure du parc. Pour y arriver, nous avons mis deux jours ! Tout a commencé par 12 heures de bus (et deux crevaisons) pour effectuer les 100 premiers kilomètres jusqu'au hameau de Forestal où nous avons passé la nuit à la buvette du coin entre deux tables de billard. Le lendemain, faute de transport en commun, nous avons attendu le passage d'un camion de transport de bois. Le problème, ce n'est pas de trouvé un camion mais bien d'attendre que le chauffeur finisse ses 8 canettes et ses 3 parties de billard ! Celui-ci avait la joue enflée de feuilles de coca de la taille d'un boule de billard (cfr. photo). Le trajet nous permis de contempler une myrillade de papillons colorés. Arrivé 50 km plus loin, à la Mechita, nous avons eu la chance de rencontrer une équipe médicale qui se rendait à la Florida ! Malheureusement après 5 minutes de route, la voiture s'enbourbe dans une ornière. Résultat, 5 heures d'extraction pour arriver de nuit à la communauté, fatigués mais contents d'être là.
Le lendemain, nous avons partagé le repas avec la famille qui célèbrait la fête des mamans le jour de la Sainte Marie. C'est surtout l'occasion pour les femmes de profiter d'une journée de fête pour danser et laisser aux hommes le soin de remplir leurs tâches quotidiennes. Pendant ce temps, nous profitons du rio pour nous baigner et faire une petite lessive (Nico se fera d'ailleurs mordre l'orteil par un piranha rouge affamé, sous les rires des gens de le communauté). L'aprés midi fut consacrée à la remontée en barque le Rio Paragua. Nous apercevrons nos premiers animaux : des loutres, des singes, capybaras (excellents nageurs et plongeurs, ils se jettent à l'eau quand ils se sentent menacés. Nous avons pu observer leur technique à quelques reprises !), de nombreux oiseaux, ... De retour à la communauté, nous faisons la connaissance de Mario, 22 ans, qui sera notre guide durant nos quatre jours à l'intérieur du parc. Le parc abandonné depuis un an et demi, oblige les quelques visiteurs qui s'y aventurent à être en complète autonomie en nourriture et de se munir d'une machette pour debroussailler le chemin.
Le premier jour, l'objectif était d'atteindre le campement de Los Fierros situé à 35 km de la Florida. Nous sommes partis à 7 heures du matin pour atteindre après 12 heures de marche le campement qu'on attendait plus. Le chemin s'apparentait à un long couloir de verdure rectiligne et sans relief qui nous parut interminable. En plus, Mario n'ayant pas de points de repère, il ne savait pas nous renseigner sur la distance qu'il restait à parcourir (à 14h30, il nous a dit avec un grand sourire qu'il restait 1 heure de marche. Nous sommes finalement arrivés à 19h !). Il nous fallu deux jours au campement pour récupérer et se préparer au retour. Bilan de l'opération : observation de nombreuses traces d'animaux (tapirs, jaguars, pumas, zorros), un serpent, de beaux papillons bleus de la taille d'une main, des dizaines de toiles et d'araignées mais pas grand chose d'autre... C'est donc fourbus que nous sommes revenus à la communauté, content d'avoir relevé le défis ! Restait à effectuer le chemin de retour pour San Ignacio... heureusement une grande partie du chemin a pu être parcourue avec l'équipe médicale justement de passage à la communauté. Sur la route, nous avons vu quelques zorros et agoutis ce qui venait compléter notre tableau pas de chasse mais d'observations. Le dernier tronçon de piste, nous l'avons effectué à l'arrière d'un camion qui a mis 4 heures pour parcourir 50 km, 4 heures de tremblements incessants. Bref, ce fut une véritable expédition de 9 jours hors des sentiers battus dans une autre réalité bolivienne.
De retour à San Ignacio, un cirque colombien nous a offert un bon divertissement avec ses clowns à l'humour pipi-caca qui semblaient beaucoup plaire à l'assemblée, le trapéziste spiderman, sans oublier les danseuses strip-teaseuses. Nous avons bouclé la boucle des missions par San Miguel, San Raphaël et San José. Cette dernière possède la seule église en pierre des missions mais aussi la seule gare, ce qui nous a permis de rentrer plus vite et plus confortablement à Santa Cruz. Pour la suite, nous comptons découvrir l'altiplano (sud-ouest de la Bolivie) avant de rejoindre l'Argentine.Amor, suerte y paz et pour Sam, pensées positives...
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