Stop ou Angkor

Publié le par Nat et Sam

Notre voyage cote laotien c’est termine sur les îles du Mékong, Don Khong, Don Det et Don Khon, bordees de bungalows mais étonnement préservées vu l’affluence. Nos journées se partageaient entre balades en vélo, discussions avec les insulaires, baignades dans le fleuve et pêche au poisson chat sous les conseils avises des enfants du quartier.

Et puis le moment est venu de traverser la frontière vers un autre pays, un pays plus difficile a cerner. Le Cambodge. Les jours passant, le recul aidant, le bilan de notre expérience khmère devient moins mitige mais il est certain que le Cambodge ne se laisse pas apprivoiser facilement.

Les formalités d’usages terminées, nous atteignons rapidement Stung Treng, puis Kratie, une petite ville de province, aux vieilles bâtisses coloniales endormies le long du fleuve, et puis la capitale, Phnom Pen. Nous aurions aime pouvoir passer du temps dans l’est du pays, malheureusement l’état désastreux des routes pendant la saison des pluies et les mises en garde des personnes interrogées a ce sujet nous ont décourages. Qu’a cela ne tienne, les occasions ne manqueront pas de se briser les reins sur les pistes cambodgiennes…

C’est donc a Phnom Pen que nous ferons notre premier long arret. Nous y installerons nos quartiers lelong d’un lac putride ou sont concentrees les guesthouses bons marches. La capitale est en plein boom ; les premieres tours commencent a s’elever ; les investisseurs etrangers affluent, chacun voulant sa part du gateau dans le developpement du pays ; les charettes tirees par des vaches maigrichonnes et chargees des produits de la campagne cotoient les 4x4 dernier cri des nouveaux riches.

Apres la visite du Musee national, premice a la decouverte des temples Khmers, et du Wat Phnom, une plongee brutale dans l’histoire sombre du pays nous attendait derriere le portail d’une ecole transformee en centre de detention et de torture sous le regime des khmers rouges. Tuol Sleng ou prison S21. Entre les photos noir et blanc des victimes, prises par les tortionnaires a la maniere des nazis, on decouvre comment une poignee de revolutionnaires dangereusement paranoiaques a laisse un pays exsangue, faisant deux millions de victimes.

L’abime d’incomprehension dans lequel vous plonge une telle constatation du cote le plus terrifiant de la nature humaine, vous amene naturellement a vouloir en savoir plus. D’autant qu’il nous est aparu difficile de comprendre le Cambodge sans ca.

Ces quelques jours passes a se documenter nous aiderons sans conteste a mieux accepter certains comportements des locaux. Quand on sait qu’en 2005, les grandes quantites de mines laissees par ce conflit fratricide faisaient encore 35 victimes par mois… et les dirigeants du gouvernement Pol Pot encore vivants n’ont toujours pas ete juges…

De tels evenements laissent des stigmates indelebiles. La politique actuelle, dominees, depuis la chute du regime khmer rouge, par le Cambodian People Parti, fait la part belle a une corruption qui s’enracine dans toutes les couches de la societe. Combien de fois n’avons nous pas vu un billet vert faciliter le passage d’un camion surcharge sur un pont, arrondissant les fins de mois d’un flic dont le salaire ne suffit surement pas a nourrir sa famille. A notre petite echelle, pas un jour ne s’est passe sans que nous n’ayons paye entre deux et cinq fois le prix d’un service ou d’une denree sans aucune gene de la part du vendeur. En gros, on peut dire que c’est pas mal le bordel dans ce pays. On avait deja vu ca par le passe dans d'autres pays mais pas a cette echelle.

De Phnom Pen, nous avons pris la route qui "longe" la rive nord du lac Tonle Sap, richesse naturelle du pays. Durant la saison des pluies, le reflux du Mekong dans le lac amene des quantites impressionnantes de poisson qui assurent la survie de millions de cambodgiens. Malheureusement les amenagements futurs du fleuve sur son court superieur risquent de mettre en peril ce phenomene unique et par voie de consequence la survie des populations qui en dependent.

Un arret de deux jours a Khompong Tom, nous a permis de faire nos premiers pas dans une campagne cambodgienne eblouissante de beaute : rizieres a perte de vue travaillees par traction animale et plantees en famille, talus bordes de palmiers a sucre dont on deguste le vin en soiree, a l’ombre de charmantes maisons de bois sur pilotis aux toits couverts de fines tuiles. Dans la region nous visiterons egalement le plus important complexe pre-angkorien (6e s), Sambor Prei Kuk, avant d’embarquer sur la plage arriere d’un pick-up bonde en direction de Tbeng Meanchey, par dela les forets du nord, aux pieds des montagnes longeant la frontiere thai.

L’objectif etait d’atteindre le temple angkorien Prasat Preah Vihear, lieu de litige entre les gouvernements thai et cambodgien plus que lieu de culte, construit au sommet d’une falaise… Pour nous, ce sera un vrai pelerinage. Dix heures de pistes defoncees parsemees de marres de boue couleur de the rouge de Chine au lait, avec embourbage serieux a la cle, succederont a trois heures de marchandage acharne. Arrives sur les lieux, le village de Kor Moy est envahi par les militaires en armes et par les pelerins de Phnom Pen et de Siem Reap ayant repondu a la propaguande du gouvernement visant a chasser l’occupant thai, les frontaliers ayant des relations tout a fait amicales. Ambiance pour le moins speciale donc, dans cet impressionant temple niche dans les brumes nous interdisant la vue spectaculaire promise par sa position.

Le retour ne sera pas moins triste. Un embourbage definif nous obligeant a prendre nos cliques et nos claques et a continuer a pieds jusqu’au village suivant, jusqu'à ce qu’un mec sympa nous invite a faire demi-tour juches sur sa becane, le village se trouvant a cinquante bornes…

Apres une nuit agitee de squat dans une cabane abandonnee, les occupants d’un pick-up nous chargent direction Sayong ou nous visiterons l’ancienne capitale khmere de Koh Ker (rien a voir avec les cabots…) maintenant envahie par une foret tropicale (en cours d’eclaicissage…).

Un peu de stop (parfois gratuit) et nous voila a Siem Reap, capitale touristique du pays et lieu d’acces au fameux complexe d’Angkor. Apres trois jours de decouverte a velo des myriades de temples hornes de superbes bas-reliefs que compte la region, la conclusion macchu-picksounesque s’impose a nouveau : tres impressionnant meme si bonde et horriblement cher. Une merveille du monde quoi ! (wouah l’autre blaze he)

La route qui "borde" la rive sud du lac Tonle Sap nous amenera de Battambang a Krakor. Les occasions de manqueront pas de s’emerveiller de cette campagne cambodgienne et de la douceur de ses habitants. Et puis nous pourrons enfin contempler l’etendue de cette mer(e) interieure via le village flottant de Khompong Luong ou vraiment tout est flottant : maisons evidemment mais aussi stations essences, marches, jardins, animaux domestiques, etc.

De bus en taxis communs, nos perigrinations nous amenerons a Kampot, petite capitale de province du sud, tres, tres, mais alors tres cool. Nous partageant le pilotage d’une motobylette dans un etat de decomposition avance, nous passerons cinq jours a ce qui est devenu notre activite favorite : la contemplation d’une campagne vivante, nous arretant ca et la pour enfoncer une poignee de brin de riz dans l’argile, faire la causette avec des vieux au sujet de la situation dans laquelle se trouve le pays ou batifoler avec les enfants, grimper en haut des karsts pour y admirer la vue, traverser les plantations de poivre, longer la cote, entre rizieres et mangroves, traverser des villages de pecheurs aux embarcations colorees et admirer les couchers de soleil vous laissant dans un etat de grace, vide de toute envie.

Une journee nous suffira pour entrevoir que Sihanoukville ne nous retiendra pas plus longtemps. Cite balneaire en plein essor, elle manque totalement de charme. Une autre journee nous permettra d’explorer l’ile Koh Tonsay, encore tres calme par rapport a ses homologues siamoises, de meme que Kep, ancienne cite balneaire florissante, ravagee par la guerre civile et en passe de renaitre de ses cendres. De Kampot, nous pousserons egalement une pointe jusqu’a la frontiere vietnamienne par ou transit en permance des convois de toutes tailles charges de produits de toutes sortes.

Nous passerons la derniere semaine dans la region de monts cardamomes. Ces montagnes renferment une biodiversite etonnantes qui en fait un des parcs nationaux les plus riches d’Asie du sud-est. Nous installant a Koh Khong, la location d’une enieme moto nous permettra de fuire quotidiennement cette ville frontaliere, ou les joueurs thais et les expats de Pattaya dans l'attente d'un visa constituent un decor crenos, pour pousser un peu plus avant l’exploration des forets tropicales alentours, non sans mal vu l’etat des pistes et les ponts foireux a traverser. Au detour de l’une de celles-ci, alors que nous nous aprettions a rebrousser chemin decourages par les obstacles, nous aurons la chance de tomber sur des empreintes de petits felins.

Nous aurons egalement la chance d’entrer en contact avec les membres motives de l’organisation WildAid qui protege une partie du parc contre les nombreuses menaces qui pesent (braconnage, defrichage, abattage, collecte de resine pour la fabrication d’une essence rare entrant notamment dans la composition de certaines amphetamines,…). C’est pas le boulot qui manque donc vu les etendues et les moyens a disposition.

Maintenant rentres depuis deux jours a Ayutthaya, nous mesurons ce qu’est le confort d’un pays developpe, en attendant que la soeurette debarque.

Pensees positives

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M
Nous sommes heureux de vous avoir rencontré tout les deux à Ayuttaya fin août. Nous avons passé 3 jours très agréables. Merci et amitiés à Nook ! Bonne continuation à tous.
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C
coucou Sam, <br /> je constate que tu fais un superbe voyage...<br /> viviment kd meme te revoir...<br /> bisous cindix de couthuin
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L
"Ailleurs, c'est ici." (Louis Scutenaire)
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T
On devine les yoyos émotionnels à la lecture de votre traversée du Cambodge... vous pouvez juste m'expliquer la combine de la plantation de poignées de riz dans l'argile ??? une technique khmère ? un acte symbolique de fécondation ? le plaisir enfantin de barboter dans la gadoue (vous semblez en avoir eu votre dose pourtant ;-)? au cas où, vous pouvez toujours en parler à vos psys préférés...<br /> bisoux des ptits suisses
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E
On quitte la Belgique pour la Bretagne dimanche: Jib va nous faire découvrir sa terre presque-natale.<br /> <br /> Ils ont des chapeaux ronds, vive la bretagne, ils ont des chapeaux ronds...<br /> <br /> Bref on va rire. On va chasser le dahu(t) aussi. On vous garde un morceau.<br /> <br /> Bises<br /> ed
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