Fin de notre périple andin
Après Santa Cruz, nous nous sommes rendus à Samaipata un petit village malheureusement très touristique, que nous avons surnommé entre nous « Gringosland ». Nous y avons visité le site de « El fuerte » qui a traversé l’histoire des pré-incas aux colons en passant par les incas. Cet endroit, très important pour le mouvement « new age », posséderait un pouvoir mystique ! Pour la petite histoire, certains travailleurs auraient arrêté les fouilles car ils auraient entendu des bruits bizarres au fond du puits.
Après cette aventure au delà du réelle, nous avons rejoins la ville de Sucre, perchée à 2800m d’altitude. Sucre est symboliquement très importante car c’est dans cette ville que fut signer la déclaration d’indépendance de la Bolivie (Bolivie qui doit d’ailleurs son nom au libérateur Simon Bolivar). En plus d’être la capitale constitutionnelle du pays, elle est le siège d’une douceur, également très belge : le chocolat. Il n’égale pas notre Côte d’Or (anciennement) national mais le concurrence quant même bien ! Ce petit paradis chocolaté nous a accueilli pendant 10 jours ! Nous avions besoin de faire une pause et la ville de Sucre semblait idéale avait son climat doux et ensoleillé, ses magnifiques bâtiments chaulés et ses délices chocolatés,... Histoire incroyable, au détour d’une rue de Sucre Nicolas a retrouvé Hugo et Emilie charmant couple de toulousains rencontré pour la première fois a Dakar ! El destino...
Nous nous sommes rendus au marché dominical de Tarabuco, un petit village situé à 65km de Sucre, réputé
pour ses textiles finement travaillés. Le marche en lui même était finalement peu impressionnant car on retrouve souvent les mêmes articles un peu partout dans les andes mais nous avons été émerveillés par les couleurs et la beauté des habits traditionnelles des Tarabuqueños.
Autre moment fort de notre séjour à Sucre fut le match de foot La Paz - Sucre. Le match a failli être annulé car les supporters lançaient des pétards sur le gardien de La Paz. Malheureusement l’équipe de l’Universitario Sucre a perdu pour la première fois de la saison !
Nous avons quitté la ville de Sucre, avec un pincement au coeur et à l’estomac (hahaha) pour atteindre la ville de Potosi, la plus haute de tout notre périple située a 4000m d’altitude. Chaque promenade est un défi car le souffle est plus court, nous avons donc adopté un mode « tortue » pour découvrir la ville. Nous avons notamment visité le couvent de Santa Teresa, où nous avons découvert la vie morbide de jeunes filles qui entraient dans ce couvent pour ne jamais y ressortir ayant comme seul porte ouverte sur le monde extérieur un tourniquet destiné à échanger leur production avec le village. A Potosi, nous avons de nouveau, par la force du destin, croisé Hugo avec qui nous avons fait route jusqu’à Uyuni.
Direction donc Uyuni et ses -20 degrés annoncés et confirmés dès la première nuit... que l’on passe tout habillé, bonnet, écharpe dans nos sacs plus quatre couvertures en sus ! On se joint à un groupe de 3 israéliens et de 5 anglaises pour un tour de trois jours dans la région sud-ouest de la Bolivie. Et c’est parti pour les grands espaces déserts glacés de sel, de roches et de sables.
Le premier jour, nous parcourons le fameux désert du Salar. Au milieu de celui-ci se trouve l’île aux cactus (isla del pescado) où nous profitons de l’éclatante blancheur environnante du désert de sel pour nous adonner au petit jeu des trompes l’oeil (voir l’album photo Bolivie part two).
Le soir nous nous retrouvons dans un petit pueblo du nom de San Pablo où on nous annonce la tenue de l’ultime soirée d’une semaine de fête dans la salle du village. Nous réunissons un petit groupe de gringos et nous partons à travers les rues désertes de ce village de terre. Et puis... nous arrivons dans une fête totalement folle, une centaine de personnes dansent et boivent au son d’une fanfare d’une vingtaine de cuivre et de grosses caisses. On se croirait figurants dans un film d’Emir Kusturica ! Quand la fanfare s’arrête c’est la ruée vers l’un des stands des quatre familles organisatrices où en échange d’un offrande symbolique à la Pacha Mama on vous sert un plateau comprenant trois alcools et une bière. Heureusement que l’on verse une petite partie de chaque verre en offrande à la Pacha Mama. Tout ça sent bon le mélange. De plus, pour certifier votre passage, on vous accroche qui un petit chapeau qui un petit bout de tissu... pour ne frustrer
personne, nous nous sommes évidemment rendu chez chaque famille (voir plusieurs fois chez la même) ce qui pourrait expliquer le trou noir subi en fin de soirée (chez les garçons). Quoi qu’il en soit, nous avons vécu dans ce village perdu au milieu de nulle part, une expérience folklorique inédite qui restera un souvenir formidable de notre périple.
C’est donc péniblement que nous remontons le lendemain matin à bord du 4x4. Des lacs de toutes les couleurs (lac rouge, lac bleu, lac vert) ponctuent le voyage et les paysages et l’air frais qui souffle sur ces plaines arides nous permettent de tenir le coup jusqu’au soir où nous ne tarderons pas à nous endormir. Le troisième jour est un long retour vers notre base de départ avec quelques arrêts pour admirer des geysers et de nombreuses sources d’eau chaude.
De retour à Uyuni nous prendrons le train après une attente de 9 heures dans le froid en direction de Tupiza. Le wagon en troisième classe nous permet d’avoir chaud grâce à la promiscuité. Le paysage traversé semble tout droit sorti d’un western spaghetti. La ville en soit n’a rien d’exceptionnel et nous continuons vite notre route vers Tarija, le pays du vin.
La région de Tarija produit le meilleur vin de Bolivie. Direction donc la Bodega Dona Vita à Conception pour une petite dégustation. C’est l’hiver en Bolivie, les vignes sont donc dépourvues de feuilles ce qui est spécial vu le beau soleil qui règne. La dégustation en elle-même est un peu spéciale vu que tout le monde goûte au même verre, au dernier de finir tout ce qui reste (y compris le petit alcool à 40° qui anesthésie les papilles).
Nous sommes actuellement en Argentine dans la région de Missionnes près des chutes d’Iguazu que nous découvrirons bientôt. Nous passerons ensuite 15 jours à Salta dans une ferme bio pour travailler un peu et où Anne-Catherine pourra donner quelques cours de français dans l’école de la communauté.
Amor, suerte et paz