La Genèse...

Un soir des fêtes de Wallonie, je lache à Sam : "Ca me dirait bien de faire le tour du monde..." pas le temps de finir la phrase que le bougre répondit : "J'suis chaud". C'était il y a trois ans...  

Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /Août /2008 09:38

Notre voyage cote laotien c’est termine sur les îles du Mékong, Don Khong, Don Det et Don Khon, bordees de bungalows mais étonnement préservées vu l’affluence. Nos journées se partageaient entre balades en vélo, discussions avec les insulaires, baignades dans le fleuve et pêche au poisson chat sous les conseils avises des enfants du quartier.

Et puis le moment est venu de traverser la frontière vers un autre pays, un pays plus difficile a cerner. Le Cambodge. Les jours passant, le recul aidant, le bilan de notre expérience khmère devient moins mitige mais il est certain que le Cambodge ne se laisse pas apprivoiser facilement.

Les formalités d’usages terminées, nous atteignons rapidement Stung Treng, puis Kratie, une petite ville de province, aux vieilles bâtisses coloniales endormies le long du fleuve, et puis la capitale, Phnom Pen. Nous aurions aime pouvoir passer du temps dans l’est du pays, malheureusement l’état désastreux des routes pendant la saison des pluies et les mises en garde des personnes interrogées a ce sujet nous ont décourages. Qu’a cela ne tienne, les occasions ne manqueront pas de se briser les reins sur les pistes cambodgiennes…

C’est donc a Phnom Pen que nous ferons notre premier long arret. Nous y installerons nos quartiers lelong d’un lac putride ou sont concentrees les guesthouses bons marches. La capitale est en plein boom ; les premieres tours commencent a s’elever ; les investisseurs etrangers affluent, chacun voulant sa part du gateau dans le developpement du pays ; les charettes tirees par des vaches maigrichonnes et chargees des produits de la campagne cotoient les 4x4 dernier cri des nouveaux riches.

Apres la visite du Musee national, premice a la decouverte des temples Khmers, et du Wat Phnom, une plongee brutale dans l’histoire sombre du pays nous attendait derriere le portail d’une ecole transformee en centre de detention et de torture sous le regime des khmers rouges. Tuol Sleng ou prison S21. Entre les photos noir et blanc des victimes, prises par les tortionnaires a la maniere des nazis, on decouvre comment une poignee de revolutionnaires dangereusement paranoiaques a laisse un pays exsangue, faisant deux millions de victimes.

L’abime d’incomprehension dans lequel vous plonge une telle constatation du cote le plus terrifiant de la nature humaine, vous amene naturellement a vouloir en savoir plus. D’autant qu’il nous est aparu difficile de comprendre le Cambodge sans ca.

Ces quelques jours passes a se documenter nous aiderons sans conteste a mieux accepter certains comportements des locaux. Quand on sait qu’en 2005, les grandes quantites de mines laissees par ce conflit fratricide faisaient encore 35 victimes par mois… et les dirigeants du gouvernement Pol Pot encore vivants n’ont toujours pas ete juges…

De tels evenements laissent des stigmates indelebiles. La politique actuelle, dominees, depuis la chute du regime khmer rouge, par le Cambodian People Parti, fait la part belle a une corruption qui s’enracine dans toutes les couches de la societe. Combien de fois n’avons nous pas vu un billet vert faciliter le passage d’un camion surcharge sur un pont, arrondissant les fins de mois d’un flic dont le salaire ne suffit surement pas a nourrir sa famille. A notre petite echelle, pas un jour ne s’est passe sans que nous n’ayons paye entre deux et cinq fois le prix d’un service ou d’une denree sans aucune gene de la part du vendeur. En gros, on peut dire que c’est pas mal le bordel dans ce pays. On avait deja vu ca par le passe dans d'autres pays mais pas a cette echelle.

De Phnom Pen, nous avons pris la route qui "longe" la rive nord du lac Tonle Sap, richesse naturelle du pays. Durant la saison des pluies, le reflux du Mekong dans le lac amene des quantites impressionnantes de poisson qui assurent la survie de millions de cambodgiens. Malheureusement les amenagements futurs du fleuve sur son court superieur risquent de mettre en peril ce phenomene unique et par voie de consequence la survie des populations qui en dependent.

Un arret de deux jours a Khompong Tom, nous a permis de faire nos premiers pas dans une campagne cambodgienne eblouissante de beaute : rizieres a perte de vue travaillees par traction animale et plantees en famille, talus bordes de palmiers a sucre dont on deguste le vin en soiree, a l’ombre de charmantes maisons de bois sur pilotis aux toits couverts de fines tuiles. Dans la region nous visiterons egalement le plus important complexe pre-angkorien (6e s), Sambor Prei Kuk, avant d’embarquer sur la plage arriere d’un pick-up bonde en direction de Tbeng Meanchey, par dela les forets du nord, aux pieds des montagnes longeant la frontiere thai.

L’objectif etait d’atteindre le temple angkorien Prasat Preah Vihear, lieu de litige entre les gouvernements thai et cambodgien plus que lieu de culte, construit au sommet d’une falaise… Pour nous, ce sera un vrai pelerinage. Dix heures de pistes defoncees parsemees de marres de boue couleur de the rouge de Chine au lait, avec embourbage serieux a la cle, succederont a trois heures de marchandage acharne. Arrives sur les lieux, le village de Kor Moy est envahi par les militaires en armes et par les pelerins de Phnom Pen et de Siem Reap ayant repondu a la propaguande du gouvernement visant a chasser l’occupant thai, les frontaliers ayant des relations tout a fait amicales. Ambiance pour le moins speciale donc, dans cet impressionant temple niche dans les brumes nous interdisant la vue spectaculaire promise par sa position.

Le retour ne sera pas moins triste. Un embourbage definif nous obligeant a prendre nos cliques et nos claques et a continuer a pieds jusqu’au village suivant, jusqu'à ce qu’un mec sympa nous invite a faire demi-tour juches sur sa becane, le village se trouvant a cinquante bornes…

Apres une nuit agitee de squat dans une cabane abandonnee, les occupants d’un pick-up nous chargent direction Sayong ou nous visiterons l’ancienne capitale khmere de Koh Ker (rien a voir avec les cabots…) maintenant envahie par une foret tropicale (en cours d’eclaicissage…).

Un peu de stop (parfois gratuit) et nous voila a Siem Reap, capitale touristique du pays et lieu d’acces au fameux complexe d’Angkor. Apres trois jours de decouverte a velo des myriades de temples hornes de superbes bas-reliefs que compte la region, la conclusion macchu-picksounesque s’impose a nouveau : tres impressionnant meme si bonde et horriblement cher. Une merveille du monde quoi ! (wouah l’autre blaze he)

La route qui "borde" la rive sud du lac Tonle Sap nous amenera de Battambang a Krakor. Les occasions de manqueront pas de s’emerveiller de cette campagne cambodgienne et de la douceur de ses habitants. Et puis nous pourrons enfin contempler l’etendue de cette mer(e) interieure via le village flottant de Khompong Luong ou vraiment tout est flottant : maisons evidemment mais aussi stations essences, marches, jardins, animaux domestiques, etc.

De bus en taxis communs, nos perigrinations nous amenerons a Kampot, petite capitale de province du sud, tres, tres, mais alors tres cool. Nous partageant le pilotage d’une motobylette dans un etat de decomposition avance, nous passerons cinq jours a ce qui est devenu notre activite favorite : la contemplation d’une campagne vivante, nous arretant ca et la pour enfoncer une poignee de brin de riz dans l’argile, faire la causette avec des vieux au sujet de la situation dans laquelle se trouve le pays ou batifoler avec les enfants, grimper en haut des karsts pour y admirer la vue, traverser les plantations de poivre, longer la cote, entre rizieres et mangroves, traverser des villages de pecheurs aux embarcations colorees et admirer les couchers de soleil vous laissant dans un etat de grace, vide de toute envie.

Une journee nous suffira pour entrevoir que Sihanoukville ne nous retiendra pas plus longtemps. Cite balneaire en plein essor, elle manque totalement de charme. Une autre journee nous permettra d’explorer l’ile Koh Tonsay, encore tres calme par rapport a ses homologues siamoises, de meme que Kep, ancienne cite balneaire florissante, ravagee par la guerre civile et en passe de renaitre de ses cendres. De Kampot, nous pousserons egalement une pointe jusqu’a la frontiere vietnamienne par ou transit en permance des convois de toutes tailles charges de produits de toutes sortes.

Nous passerons la derniere semaine dans la region de monts cardamomes. Ces montagnes renferment une biodiversite etonnantes qui en fait un des parcs nationaux les plus riches d’Asie du sud-est. Nous installant a Koh Khong, la location d’une enieme moto nous permettra de fuire quotidiennement cette ville frontaliere, ou les joueurs thais et les expats de Pattaya dans l'attente d'un visa constituent un decor crenos, pour pousser un peu plus avant l’exploration des forets tropicales alentours, non sans mal vu l’etat des pistes et les ponts foireux a traverser. Au detour de l’une de celles-ci, alors que nous nous aprettions a rebrousser chemin decourages par les obstacles, nous aurons la chance de tomber sur des empreintes de petits felins.

Nous aurons egalement la chance d’entrer en contact avec les membres motives de l’organisation WildAid qui protege une partie du parc contre les nombreuses menaces qui pesent (braconnage, defrichage, abattage, collecte de resine pour la fabrication d’une essence rare entrant notamment dans la composition de certaines amphetamines,…). C’est pas le boulot qui manque donc vu les etendues et les moyens a disposition.

Maintenant rentres depuis deux jours a Ayutthaya, nous mesurons ce qu’est le confort d’un pays developpe, en attendant que la soeurette debarque.

Pensees positives

Par Nat et Sam
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 03:34

Apres avoir passe les derniers jours autorises par mon visa dans la province de Chiang Rai, capitale du triangle d'or, ou nous avons cumule pas mal de km a quelques nuits a la belle etoile dans le parc national Pucheefa, d'ou l'on pouvait apercevoir le Mekong et la frontiere separant la Thailande du Laos, nous avons enfin franchi celle-ci via Chiang Khong.

Traversant le poste frontiere, rive droite du fleuve, on peut lire cette nostalgique (?) phrase "Bienvenue en Indochine" (en francais dans le texte)...

Nous voila donc rive gauche, a Huay Xay, au Laos, anciennement Royaume du million d'elephants, rebaptise sous protectorat francais du sobriquet on ne peut plus reducteur "pays des mangeurs de Lotus"... C'est vrai que la variete des mets laossiens n'egale en rien celle de son voisin siamois, nos repas se composant essentiellement de riz collant et de nouilles de riz au bouillons accompagnnees de quelques legumes crus.


...Echangeant nos bahts thais contre des kips laos, nous voila millionnaires en meme pas une nuit ! (cfr. photo)

De Huay Xay nous nous empressons de filer vers le nord, direction Luang Nam Tha. Le puissant magnetisme des forets de mousson est a l'oeuvre. Premiere etape Vieng Pukha, ou nous descendons seuls du bus, sous les regards ebetes des autres touristes. Ils doivent sans doute se demander ce que l'on vient faire dans cette bourgade perdue au milieu d'une vaste zone deforestee, ou des ebauches de riziere commencent d'etendre leur tapis vert tendre entre les souches brulees.

Apres avoir rendu visite a l'organisme qui arrange des treks ecotouristiques avec rencontre des minorites ethniques du parc national forestier Nam Tha, nous decidons d'engager un guide local. Les tarifs sont raisonnables mais je ne suis pas convaincu de l'authenticite du truc et encore moins de traverser les forets primaires convoitees. C'est donc Boun Mi qui nous "guidera" dans les restes de forets environnantes, degageant d'improbables sentiers a la machette. Je place les guillemets car l'homme en question s'est souvent arrete pour nous demander la direction a suivre... Tu parles d'un guide ! Le lendemain c'est par nous memes que nous explorerons les environs : ilots forestiers peuples de geants verts, petits villages aux maisons entierement faites de bambous et aux conditions de vie on ne peut plus spartiates (pas d'eau courante, electricite de 18 a 21h), ou l'on fume encore l'opium dans de grandes pipes en bambou, rizieres, et toujours ces larges etendues ou la forets a quitte les lieux sur de grandes remorques. Nous traversons ainsi des localites Khamu, Thai Lu et Lahu, 3 ethnies montagnardes parmi les 39 recensees dans cette province.

Le Laos compte de nombreux parcs nationaux protegeant de vastes surfaces de forets dont un pourcentage non-negligeable n'a jamais ete exploite, accueillant certaines especes devenues tres rares ou carrement disparues des pays limitrophes : tigres, gaurs, gibbons et meme selon certaines sources les derniers rhinos de sumatra de la region. Malheureusement le pays ne dispose pas des capitaux necessaires a assurer le respect de ces statuts de protection.

Le Laos est un des pays les plus pauvres de la region : taux de mortalite infantile de 85 %, moins de 5 % de surface cultivable... Une grande partie des biens de consomation sont importes (86 % a la Thailande, le reste a la Chine) de meme que les infrastructures. Ainsi la Chine s'est engagee a la construction de route contre l'autorisation d'exploiter les arbres coupes pour la cause, dont des teks de grande valeur, n'hesitant pas a etendre significativement les zones defrichees de part et d'autres des troncons asphaltes.

Nous explorerons ensuite les alentours de Luang Nam Tha en velo, ce qui nous permettra d'apprehender un peu plus la vie de ces fameuses minorites ethniques, dont le tourisme est si friand, qui sont deplacees par le gouvernement, des hautes terres forestieres ou elles vivent normalement vers les basses terres ou elles sont petits a petits tristement aculturees.

Voila pour le cote paradisiaque...

Etape suivante, Oudomxay, ou apres nous etre fait rinces a la beer-lao par quelque fonctionnaires locaux, dont un policier, (ils nous avoueront leur profession apres, biensur (...)), nous filerons au temple pour expier cet acte des plus contre-indiques pour notre karma. Temple ou se tenait justement un seminaire pour jeunes, avec qui nous taperons la causette, ceux-ci etant toujours motive pour exercer leur anglais. Heureusement d'ailleurs que le Laossien et le Thai se ressemble beaucoup... cela nous sera d'une grande aide tout au long du voyage.

Suivant les conseils des locaux nous decidons de faire une petite boucle vers le nord, d'abord en mini-bus, traversant les tres jolis villages de Muang La et Muang Kua, ou nous nous perdrons dans les collines environnantes, etant devenus des specialistes du trek par soi-meme (...), a la recheche des grottes ou les habitants de villages entiers se sont planques pendant la guerre. Ensuite en pirogue a moteur foireux via Muang Ngoi et Chiang Khong ou nous pourrons enfin visiter des grottes ainsi que d'autres pittoresques villages entoures de rizieres, travaillees en communaute, et de karstes aux formes de pain de sucre typiques.

Nous prendrons alors quelques jours pour visiter la superbe Luang Prabang circonscrite par le Mekong et la riviere Nam Ou, inscrite au patrimoine mondial pour ses impressionnants temples et ses demeures colonniales.

Une etape supplementaire sur la route de la capitale nous permettra d'"apprecier" les comportements honteux des teenagers occidentaux se baladant en maillot dans les rues de Vang Vieng entre une descente de riviere en chambre a air, un episode vieux de 10 ans de la serie Friends et une demi-douzaine de bouteilles de biere... tout ca sous une pluie diluvienne.

Les 5 jours suivants se passeront relax a Vientiane, languissant sur la rive du Mekong, la plus tranquille des capitales qu'il m'aie ete donne de connaitre, en attendant mes visas pour le Cambodge et la Thailande, en compagnie d'un israelien ayant passe ces dernieres annees a ne rien faire dans les grandes villes de ce monde.

C'est la que le destin me rattrapa... tathammmmm !

Visitant le psychedelique Buddha parc ou l'on peut observer un ensemble heteroclite de sculptures d'influence bouddhiste et indouiste, je me suis vautre en enfer. Rien de moins !

Je m'explique : l'une de ces sculptures bizarroides a la forme d'une citrouille geante a trois niveaux, censes representes respectivement le paradis, la terre et l'enfer, chacun etant accessible via un escalier. Oui mais il n'y avait pas de panneau indiquant la nature glissante du-dit escalier... Trois jours a boiter comme un vieux pirate sur sa jambe de bois...

Nos visas en poche, Nat et moi prenons le premier bus pour le sud avec un arret a Savannakhet ou pourrissent sous les attaques des pluies tropicales de vieilles demeures colonniales. Nous y visiterons  en velo la foret sacree de Dong Natand, non sans difficultes vu les arbres qui entravaient le passage,  et assisterons a une distribution geante d'aumones aux moines, similaire a celle a laquelle nous avions participe un mois plus tot en thailande.

Sur le chemin du retour, apres que Nat aie repris contact avec les buffles d'eau de son enfance, pour son plus grand plaisir, nous nous perdrons a nouveau dans le dedale des pistes rouges de laterite sous le regard amuse des locaux que nous croisons pour la 4eme fois.

La suite nous menera a Pakse, toujours un peu plus au sud, ou nous louerons une motobylette (4 vitesses sans embreillage de fabrication thai) pour explorer le Bolaven plateau et ses environs en compagnie d'un sympathique couple de hollandais, faisant du "hors-pistes" pour la premiere fois (ils en auront pour leur argent...). Au programme : degustation de cafe local cent pourcents arabica, somptueuses forets, chutes d'eau vertigineuses avec baignades raffraichissantes, violents orages non moins raffraichissants, folklorisation des minorites ethniques dans des villas de bambou luxueuses, embourbages, crevaisons, rebroussages de chemin pour cause d'inondation de piste, arnaque de passeur de riviere malhonnete... tout ca accompagnes des grands signes de mains et des "sabaydee" (bonjour en laos) des bambins en culottes courtes et boueuses, batifolant lelong des routes. 

Nous vous ecrivons actuellement de Don Khong, la plus grande ile des SiPhanDon (litteralement 4000 iles) qui emergent du puissant Mekong a la saison seche, formant un paysage spectaculaire, a la frontiere Laos-Cambodge. Apres avoir explore quelques unes de celles-ci nous entrerons donc au pays des Khmers qui nous reserve sans nul doute quelques joyeuses experiences aussi.

Je termine par un petit bout de sagesse rasta :

"No man is an island
 No man stands alone

Every man has a brother

Every man has a friend

Remember you can't do it alone"

Vous commencez a nous manquer serieusement. On se voit en decembre.

 

Nos pensees toujours positives.

Par Nat et Sam
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 18:59

Après Santa Cruz, nous nous sommes rendus à Samaipata un petit village malheureusement très touristique, que nous avons surnommé entre nous « Gringosland ».  Nous y avons visité le site de « El fuerte » qui a traversé l’histoire des pré-incas aux colons en passant par les incas. Cet endroit, très important pour le mouvement « new age »,  posséderait un pouvoir mystique ! Pour la petite histoire, certains travailleurs auraient arrêté les fouilles car ils auraient entendu des bruits bizarres au fond du puits.

Après cette aventure au delà du réelle, nous avons rejoins la ville de Sucre, perchée à 2800m d’altitude. Sucre est symboliquement très importante car c’est dans cette ville que fut signer la déclaration d’indépendance de la Bolivie (Bolivie qui doit d’ailleurs son nom au libérateur Simon Bolivar). En plus d’être la capitale constitutionnelle du pays, elle est le siège d’une douceur, également très belge : le chocolat. Il n’égale pas notre Côte d’Or (anciennement) national mais le concurrence quant même bien ! Ce petit paradis chocolaté nous a accueilli pendant 10 jours ! Nous avions besoin de faire une pause et la ville de Sucre semblait idéale avait son climat doux et ensoleillé, ses magnifiques bâtiments chaulés et ses délices chocolatés,... Histoire incroyable, au détour d’une rue de Sucre Nicolas a retrouvé Hugo et Emilie charmant couple de toulousains rencontré pour la première fois a Dakar ! El destino...

Nous nous sommes rendus au marché dominical de Tarabuco, un petit village situé à 65km de Sucre, réputé pour ses textiles finement travaillés. Le marche en lui même était finalement peu impressionnant car on retrouve souvent les mêmes articles un peu partout dans les andes mais nous avons été émerveillés par les couleurs et la beauté des habits traditionnelles des Tarabuqueños.

Autre moment fort de notre séjour à Sucre fut le match de foot La Paz - Sucre. Le match a failli être annulé car les supporters lançaient des pétards sur le gardien de La Paz. Malheureusement l’équipe de l’Universitario Sucre a perdu pour la première fois de la saison !

Nous avons quitté la ville de Sucre, avec un pincement au coeur et à l’estomac (hahaha) pour atteindre la ville de Potosi, la plus haute de tout notre périple située a 4000m d’altitude. Chaque promenade est un défi car le souffle est plus court, nous avons donc adopté un mode « tortue » pour découvrir la ville. Nous avons notamment visité le couvent de Santa Teresa, où nous avons découvert la vie morbide de jeunes filles qui entraient dans ce couvent pour ne jamais y ressortir ayant comme seul porte ouverte sur le monde extérieur un tourniquet destiné à échanger leur production avec le village. A Potosi, nous avons de nouveau, par la force du destin, croisé Hugo avec qui nous avons fait route jusqu’à Uyuni.

Direction donc Uyuni et ses -20 degrés annoncés et confirmés dès la première nuit... que l’on passe tout habillé, bonnet, écharpe dans nos sacs plus quatre couvertures en sus ! On se joint à un groupe de 3 israéliens et de 5 anglaises pour un tour de trois jours dans la région sud-ouest de la Bolivie. Et c’est parti pour les grands espaces déserts glacés de sel, de roches et de sables.

Le premier jour, nous parcourons le fameux désert du Salar. Au milieu de celui-ci se trouve l’île aux cactus (isla del pescado) où nous profitons de l’éclatante blancheur environnante du désert de sel pour nous adonner au petit jeu des trompes l’oeil (voir l’album photo Bolivie part two).

Le soir nous nous retrouvons dans un petit pueblo du nom de San Pablo où on nous annonce la tenue de l’ultime soirée d’une semaine de fête dans la salle du village. Nous réunissons un petit groupe de gringos et nous partons à travers les rues désertes de ce village de terre. Et puis... nous arrivons dans une fête totalement folle, une centaine de personnes dansent et boivent au son d’une fanfare d’une vingtaine de cuivre et de grosses caisses. On se croirait figurants dans un film d’Emir Kusturica ! Quand la fanfare s’arrête c’est la ruée vers l’un des stands des quatre familles organisatrices où en échange d’un offrande symbolique à la Pacha Mama on vous sert un plateau comprenant trois alcools et une bière. Heureusement que l’on verse une petite partie de chaque verre en offrande à la Pacha Mama. Tout ça sent bon le mélange. De plus, pour certifier votre passage, on vous accroche qui un petit chapeau qui un petit bout de tissu... pour ne frustrer personne, nous nous sommes évidemment rendu chez chaque famille (voir plusieurs fois chez la même) ce qui pourrait expliquer le trou noir subi en fin de soirée (chez les garçons). Quoi qu’il en soit, nous avons vécu dans ce village perdu au milieu de nulle part, une expérience folklorique inédite qui restera un souvenir formidable de notre périple.

C’est donc péniblement que nous remontons le lendemain matin à bord du 4x4. Des lacs de toutes les couleurs (lac rouge, lac bleu, lac vert) ponctuent le voyage et les paysages et l’air frais qui souffle sur ces plaines arides nous permettent de tenir le coup jusqu’au soir où nous ne tarderons pas à nous endormir. Le troisième jour est un long retour vers notre base de départ avec quelques arrêts pour admirer des geysers et de nombreuses sources d’eau chaude.       

De retour à Uyuni nous prendrons le train après une attente de 9 heures dans le froid en direction de Tupiza. Le wagon en troisième classe nous permet d’avoir chaud grâce à la promiscuité. Le paysage traversé semble tout droit sorti d’un western spaghetti. La ville en soit n’a rien d’exceptionnel et nous continuons vite notre route vers Tarija, le pays du vin.

La région de Tarija produit le meilleur vin de Bolivie. Direction donc la Bodega Dona Vita à Conception pour une petite dégustation. C’est l’hiver en Bolivie, les vignes sont donc dépourvues de feuilles ce qui est spécial vu le beau soleil qui règne. La dégustation en elle-même est un peu spéciale vu que tout le monde goûte au même verre, au dernier de finir tout ce qui reste (y compris le petit alcool à 40° qui anesthésie les papilles).

Nous sommes actuellement en Argentine dans la région de Missionnes près des chutes d’Iguazu que nous découvrirons bientôt. Nous passerons ensuite 15 jours à Salta dans une ferme bio pour travailler un peu et où Anne-Catherine pourra donner quelques cours de français dans l’école de la communauté.

Amor, suerte et paz

Par Anne-K et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 10:13

…La Paz, Santa Cruz, Miami, Los Angeles, Seoul, Et enfin Bangkok…


Trois jours dans ces lieux impersonnels que sont les aéroports avec pour seule compagnie quelques sons : L.A. Woman, All along the watchtower, California dreamin’, Surfin’ the USA, Am I black enough for you, Children running wilde, ou encore The house of the rising sun. Les voyageurs ne se parlent pas, pas le temps …


Trois jours pour faire le point sur 8 mois de voyage aussi.


Et enfin Bangkok, minuit trente environ, pas loin de trente degrés et 60 pourcents d’humidité. Mes bagages ne tardent pas ; mon visa de 30 jours dans la poche je franchis les portes de la Thaïlande, les mêmes que nous avions franchies deux ans plutôt.


Emouvantes retouvailles…


Depuis je me suis confortablement installe aux cotes de Nat dans un petit appartement de la banlieue d’Ayutthaya, ancienne capitale d’un puissant royaume auquel elle doit son nom, qui a son apogée, au XVIIe, étendait sa souveraineté jusqu'aux actuels Laos, Cambodge et Myanmar. Cette période faste laissa une myriade de temples, wats, chedhis, stupas, palais et autres dépendances dont la beauté touche toujours autant les voyageurs. La période Ayutthaya constitue d’ailleurs toujours une référence dans les domaines de l’architecture et des arts thaïs.


Des le premier jour de mon arrivée, nous n’avons pas manque de faire quelques offrandes, composées de bâtons d’encens et de colliers de fleurs aux parfums suaves, disposées a l’entrée de la maison des esprits, jouxtant tout lieu de résidence, pour que ceux-ci ne soient pas perturbes par ma présence et qu’ils m’offrent leur protection.


Nous avons également participe a une grande cérémonie rassemblant la majorité des moines et des habitants de la ville, ceux-ci distribuant a ceux-la de petits paquets de vivres non périssables, riz, saumure de poisson, lait de soya, notamment. De par leur choix de vie, les moines ne vivent que des dons de la population.


Les conditions climatiques en ce debut de mousson n'ont pas tarde a faire leur office et j'ai bien vite du renoncer a laisser pousser mes cheveux de saddhu sous ces latitudes pour adopter une coupe plus proche de celle des ascetes d'ici. Nat a donc empoigne la pair de ciseaux... LE PREMIER QUI RIT....


En attendant que Nat termine son contrat en tant que prof d’anglais et de japonais dans une petite école privée située dans le plus grand supermarché de la ville, nous passons ses temps libres a la découverte des ruines, dispersées dans toute la cite, et des Bouddhas qu’elles renferment, ainsi que des marches alimentaires ou nous nous procurons légumes, herbes, fleurs et tout un tas de condiments. Nous rejoignons ensuite l’auberge de jeunesse tenue par Nook, sa meilleure amie, ou toutes deux me mitonnent tous les jours avec ces ingrédients de nouvelles recettes bien epicees.


Nous venons d’ailleurs de fêter les 27 printemps de cette dernière autour d’une table qui comptaient une dizaine de plats différents. Pas d’inquiétude donc, je mange bien. Hehe… A cette occaz’, ne sachant pas quoi faire, j’ai prépare du mojito pour l’apero. Ca n’à pas du leur plaire sinon elle ne l’auraient sans doute pas poliment coupe avec du soda à la cerise et de la bière…


Et puis quand Nat dispose de sa journée nous en profitons pour faire des excursions un peu plus loin, en train, en bus ou avec la moto de Nook, Lopburi (ou l'on est tenu de respecter des prerogatives envers les macaques resus qui envahissent la ville, y compris a la banque...cfr. photos), le marche de Bangkok, le palais de Bang Pa-in, le centre d’artisanat de Bang Sai, les monastères des environs, etc.


Quand elle n’est pas la, j’en profite pour potasser mon assimil thai. Je dois bien avouer que pour le moment je n’avance pas des masses mais je ne désespère pas…


Il y a quelques jours, nous avons également relâche quelques tortues et anguilles dans la rivière qui coule non loin de chez nous, leur évitant ainsi de terminer dans une assiette. Certains thaïs ayant, du point de vue d’un occidental, mais de celui de Nat aussi, des habitudes alimentaires bizarres. Et puis les conditions de détentions de ces animaux sur les marches sont, vous vous en doutez, assez déplorables. C’est ça aussi la culture locale.


Ayant tous les deux obtenus notre visa pour le Laos, nous irons passer les mois de juillet et août là-bas, en commencant par les montagnes du nord ou nous espérons découvrir les cultures animistes qui se cachent dans les forets de mousson. Apres quoi nous comptons redescendre le Mekong pour rejoindre le Cambodge et être de retour pour le mois de septembre au cours duquel ma soeurette vient nous rendre visite.

 

Pensées positives et Sanuk a tous

 

Nat et Sam

 

 

Par Sam
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 09:47

La Paz, en Bolivie…
 

Ha oui je me rappelle ! Dans ma tête, j’étais déjà tellement sur un autre continent que j’ai vraiment eu du mal a profiter de ses derniers jours et donc a me bouger un peu. J’ai donc passe une bonne semaine dans cette auberge de la capitale à reporter sans cesse mon départ pour le salar de Uyuni, la destination finale que je m’étais choisie pour clore mon séjour andin. Puis il y avait ces deux sympathiques couples français avec qui j’aurais bien fait la route jusque la mais eux aussi ils reportaient sans cesse…

De La Paz, en Bolivie, je me rappelle l’impressionnant point de vue que l’on a de cette capitale d’altitude, planquée au milieu des montagnes, lorsqu’on grimpe jusqu’El Alto. Cette autre ville, a majorité indienne, surplombant la première et proclamant fièrement ne pas faire partie du problème bolivien mais de sa solution, accueille deux fois par semaine un tentaculaire marche ou il est difficile de ne pas trouver ce que l’on cherche tant l’éventail propose est vaste.


Je me rappelle aussi le marche aux sorcières, situe juste derrière l’hôtel et ou l’on peut se procurer tout ce qu’il faut pour combattre les mauvais esprits, bénir sa maison (avec des foetus de lamas par exemple), retrouver du punch au plumard ou franchir les portes de la perception… les dimanches sans voitures consacres aux enfants le long de l’avenue El Prado. Pour justifier mon immobilisme, il y a eu cette grande fête populaire qu’est El Gran Poder avec ses défiles grand-guignolesques ou Cholitas et Bombas se côtoient dans l’allégresse générale au nom du Christ. Enfin j’ai aussi visite l’intéressant musée de la coca où l’on apprend toutes les implications sociales de cette plante dans la société andine.


Et puis j’ai enfin réussi a décoller en compagnie de Marine, Pierre, Alexandra et François, direction le sud et un des spots touristiques incontournables de la Bolivie, le désert de sel frontalier du Chili. La bonne idée c’était de renvoyer toutes mes fringues chaudes en Belgique. Les 13 pénibles heures de bus jusque Uyuni me le feront bien regretter… a l’intérieur de l’habitacle la condensation se formant sur les vitres ne tarda pas a passer de l’état liquide a l’état solide… mes doigts de pied s’en souviennent encore.


Arrives de bonne heure, nous faisons la connaissance de Raquel qui occupera la sixième place dans la jeep avec laquelle nous sillonnerons les vastes et apres étendues du sud-ouest bolivien accompagnes de Guido, notre chauffeur-cuisinier.


Durant ces trois jours, des paysages aussi fantasmagoriques que divers se succéderont, du salar immaculé, constituant l’une des plus importantes réserves de sel au monde, aux lacs multicolores, ou pataugent gaiement les flamants roses, et des déserts, ou subsistent, on ne sait comment, de petits groupes de vigognes, aux champs de pierres érodées par les vents charges de sables, leurs conférant des formes qui se jouent de notre imagination. A l’intérieur du 4x4 chauffe on plane littéralement, à l’extérieur on expérimente la fragilité de la vie. Froid glacial, volcans en activité, geysers, petits villages perdus au milieu de nulle part et vivotant de l’exploitation des minerais dont regorge le sol,...


De retour à La Paz les pieds a nouveau gelés, le moment est venu de faire mes bagages. Dans environ trois jours et quelques fuseaux horaires traverses, je serai de l’autre cote du monde. Là-bas, quelqu’un que j’attends m’attend aussi.

 

 

 

 

 

Par Sam
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 20:02
Nous avons quitté la Paz le 15 juin pour rejoindre Santa Cruz la capitale économique de Bolivie. Le trajet initialement de 15 heures a finalement duré 25 heures mais le soleil radieux de l’oriente nous a réconforté dès notre arrivée. Même si la ville compte 1,5 millions d'habitants, les bâtiments de la place principale ne dépassent pas trois étages, le traffic n'est pas infernal et la végétation tropicale abondante fait qu'on s'y sent comme dans une ville de province.

Très vite, nous sommes partis pour San Javier qui est le deuxième village des missions Jésuites. A l'est de la Bolive, près de la frontière brésilienne, se trouve la route de “las misiones Jesuiticas”. Cette boucle de plus ou moins 300 km passe par différents villages dont l’architecture datant de l’époque coloniale a été très bien restaurée (merci la cooprération espagnole). Cette région a été notamment redécouverte grâce au film "Mission" avec Robert De Niro de Roland Joffé (on vous le conseille). Depuis 1991, ces missions font partie du patrimoine mondiale de l’Unesco.

Petit bout d’histoire, fin 17e les premiers jésuites sont arrivés dans l'actuelle province de Santa Cruz dans le but d'évangéliser le "nouveau monde". Armés de leurs seuls instruments de musique, ils séduirent les Chiquitanos, peuple nomade de la selva bolivienne. Les Jésuites ont fortement influencé la culture locale, on retrouve encore aujourd'hui la culture baroque au travers de l'architecture des églises (construite en bois) mais aussi de la musique. On trouve dans les villages de nombreuses écoles de musique ainsi que des luthiers ! Un grand festival international de musique baroque se tient d'ailleurs dans l'un des villages des missions qui accueille des musiciens du monde entier (l'année dernière un groupe de petits belges y était). Ce petit pèlerinage, hihi, ne nous a peut être pas converti mais séduit ! Le calme des places, la luxuriance des jardins et la simplicité des gens nous ont ressourcés avant de partir dans la forêt vierge du nord est bolivien.

Après avoir visité Conception, nous arrivons à San Ignacio, point de départ des escapades dans le Parc National Noël Kempff Mercardo. Ce parc de plus de 1,5 millions d'hectares est l'un des plus grands d'Amérique latine mais aussi l'un des plus inaccessibles. Seulement 200 km séparent San Ignacio de la communauté de la Florida en bordure du parc. Pour y arriver, nous avons mis deux jours ! Tout a commencé par 12 heures de bus (et deux crevaisons) pour effectuer les 100 premiers kilomètres jusqu'au hameau de Forestal où nous avons passé la nuit à la buvette du coin entre deux tables de billard. Le lendemain, faute de transport en commun, nous avons attendu le passage d'un camion de transport de bois. Le problème, ce n'est pas de trouvé un camion mais bien d'attendre que le chauffeur finisse ses 8 canettes et ses 3 parties de billard ! Celui-ci avait la joue enflée de feuilles de coca de la taille d'un boule de billard (cfr. photo). Le trajet nous permis de contempler une myrillade de papillons colorés. Arrivé 50 km plus loin, à la Mechita, nous avons eu la chance de rencontrer une équipe médicale qui se rendait à la Florida ! Malheureusement après 5 minutes de route, la voiture s'enbourbe dans une ornière. Résultat, 5 heures d'extraction pour arriver de nuit à la communauté, fatigués mais contents d'être là.

Le lendemain, nous avons partagé le repas avec la famille qui célèbrait la fête des mamans le jour de la Sainte Marie. C'est surtout l'occasion pour les femmes de profiter d'une journée de fête pour danser et laisser aux hommes le soin de remplir leurs tâches quotidiennes. Pendant ce temps, nous profitons du rio pour nous baigner et faire une petite lessive (Nico se fera d'ailleurs mordre l'orteil par un piranha rouge affamé, sous les rires des gens de le communauté). L'aprés midi fut consacrée à la remontée en barque le Rio Paragua. Nous apercevrons nos premiers animaux : des loutres, des singes, capybaras (excellents nageurs et plongeurs, ils se jettent à l'eau quand ils se sentent menacés. Nous avons pu observer leur technique à quelques reprises !), de nombreux oiseaux, ... De retour à la communauté, nous faisons la connaissance de Mario, 22 ans, qui sera notre guide durant nos quatre jours à l'intérieur du parc. Le parc abandonné depuis un an et demi, oblige les quelques visiteurs qui s'y aventurent à être en complète autonomie en nourriture et de se munir d'une machette pour debroussailler le chemin.

Le premier jour, l'objectif était d'atteindre le campement de Los Fierros situé à 35 km de la Florida. Nous sommes partis à 7 heures du matin pour atteindre après 12 heures de marche le campement qu'on attendait plus. Le chemin s'apparentait à un long couloir de verdure rectiligne et sans relief qui nous parut interminable. En plus, Mario n'ayant pas de points de repère, il ne savait pas nous renseigner sur la distance qu'il restait à parcourir (à 14h30, il nous a dit avec un grand sourire qu'il restait 1 heure de marche. Nous sommes finalement arrivés à 19h !). Il nous fallu deux jours au campement pour récupérer et se préparer au retour. Bilan de l'opération : observation de nombreuses traces d'animaux (tapirs, jaguars, pumas, zorros), un serpent, de beaux papillons bleus de la taille d'une main, des dizaines de toiles et d'araignées mais pas grand chose d'autre... C'est donc fourbus que nous sommes revenus à la communauté, content d'avoir relevé le défis ! Restait à effectuer le chemin de retour pour San Ignacio... heureusement une grande partie du chemin a pu être parcourue avec l'équipe médicale justement de passage à la communauté. Sur la route, nous avons vu quelques zorros et agoutis ce qui venait compléter notre tableau pas de chasse mais d'observations. Le dernier tronçon de piste, nous l'avons effectué à l'arrière d'un camion qui a mis 4 heures pour parcourir 50 km, 4 heures de tremblements incessants. Bref, ce fut une véritable expédition de 9 jours hors des sentiers battus dans une autre réalité bolivienne.

De retour à San Ignacio, un cirque colombien nous a offert un bon divertissement avec ses clowns à l'humour pipi-caca qui semblaient beaucoup plaire à l'assemblée, le trapéziste spiderman, sans oublier les danseuses strip-teaseuses. Nous avons bouclé la boucle des missions par San Miguel, San Raphaël et San José. Cette dernière possède la seule église en pierre des missions mais aussi la seule gare, ce qui nous a permis de rentrer plus vite et plus confortablement à Santa Cruz. Pour la suite, nous comptons découvrir l'altiplano (sud-ouest de la Bolivie) avant de rejoindre l'Argentine.

Amor, suerte y paz et pour Sam, pensées positives...
Par Anne-K et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 00:52

La dernière fois, on s’était quitté à Huancayo, dans le froid. C’est donc là qu’on se retrouve, toujours au pays des lamas.

 

Non loin de là, les villages de Cochas chico et Cochas grande sont le siège d’un artisanat propre, les calebasses gravées au feu ou à l’aide de couteaux rudimentaires. Les motifs représentent des scènes de vie régionales, des paysages andins ou amazoniens, ainsi que des récits bibliques. Nico pourra ainsi revoir ses classiques chrétiens avec la parabole du fils prodigue, racontée longuement par l’artisan, calebasse à l’appui.

 

Pour rejoindre Ayacucho, deuxième plus belle ville du Pérou après Cusco, dit-on, et lieu de naissance du tristement célèbre sentier lumineux, la route n’est pas piquée des puces  et le bus aux essieux surélevés aurait dû nous mettre le hanneton à l’oreille. Nids de lamas au programme donc. A nouveau, sous le charme des paysages variés qui défilent au travers des hublots, des crêtes andines aux canyons ocres, plantés de cactus.

 

Ayacucho ne démentira pas sa réputation et nous ne ferons d’ailleurs pas grand-chose d’autre que traînasser dans ses rues animées, bordées d’anciennes demeures coloniales, observant les artisans au travail et flânant sous les marchés couverts. Sur la route de Quinua, petit village “typique”, typiquement touristique, les vastes ruines Waris (600-1100, premier peuple expansionniste des Andes) furent le prétexte d’une chouette excursion. Ce vigoureux peuple laissa des traces dans toute la cordillère. De là partent d’étroits sentiers, que l’on devinent plus qu’on ne les voit, sillonnant à travers une forêt de cactus (figuier de barbarie) aux épines acérés et débouchant ça et là sur des cavités rocheuses.

 

A Abancay, ville un peu plus bordélique, nous passons une nuit avant de tracer sur Cachora. C’est là que Sam soufflera ses 27 bougies plantées dans un gâteau typiquement péruvien, el pastel. Ce dernier porte bien son nom, ses couleurs éblouissantes de colorants ne mettant pas nécessairement l’eau à la bouche. 

A Cachora, après avoir déposé nos sacs dans une pension de famille, nous entrons directement en contact avec la coopérative de guides-muletiers via laquelle nous organiserons notre trek de 8 jours vers le Machu Picchu. Le premier guide qui nous est présenté détenait bien les trois montures dont nous avions besoin mais ne connaissait la route que durant les deux premiers jours…C’est un problème évidemment. Que faire…Conciliabule durant quelques longues minutes en plein milieu del voye pour s’entendre dire qu’il suffit de faire appel à un autre guide. Gilbert !

 

En attendant Gilbert…

 

Le voilà qui arrive dans sa démarche nonchalante mais sûre. Le problème lui est soumis. Quelques secondes plus tard et nous voilà entrain de faire nos emplettes pour la joyeuse randonnée qui s’annonce, y compris le cañaso, alcool local sorti d’un vieux bidon d’essence, en cas de refroidissement…

 

Le premier jour nous fit longer le versant aride de la vallée de l’Apurimac (en Quechua, dieu qui parle) pour atteindre le repaire du cousin de Gilbert. Construction de bambou sous lesquelles nous ne tarderons pas à suspendre nos hamacs tout en tentant d’ouvrir les yeux de nos hôtes sur les multiples avantages de la double cuisson des papas fritas.

Le lendemain, ascension matinale du versant froid, humide et boisé de la vallée dont le sentier zigzaguant, déjà visible la veille, nous annonçait les efforts à venir. Arrivée au refuge de Marampata, 3100m. La nuit sera fraîche et humide.

 

Le troisième jour, nous découvrons le premier objectif du trek, le site Inca de Choquequirau, redécouvert en 1994 et toujours en cours de déblayage par des équipes d’archéologues dont nous partagerons la potée. Ce site encore peu visité car uniquement accessible à pied ou à dos d’éléphant nous laisse un très bon souvenir. Nous nous sommes en effet retrouvés quasiment seul, hormis Jesús, le responsable billet (à qui Sam donnera un rapide cours de français), au sein de ces vastes ruines dans leur écrins de forêt de nuages, à la rencontre de trois vallées et offrant des points de vue saisissants. Nous passerons la nuit non loin d’une des dernières terrasses à avoir été mises au jour.

 

Quatrième jour, traversée du Rio Blanco et montée harassante jusqu’à deux cabanes de pisé, à l’ombre desquelles deux madames aux visages burinés égrainent du maïs au milieu d’une kyrielle d’animaux.

 

Cinquième jour, suite de l’ascension jusqu’au col du Nevada la Victoria, 4200m, et découverte du charmant petit village de Yanama où nous reprendrons notre souffle au coin du feu, entouré d’une vingtaine de cuys, entendez par là cochon d’Inde, attendant d’être mangé lors d’un repas de fête. Les conditions de vie, ici, sont assez rudimentaires, il n’y a en effet pas d’électricité et l’on vit à même la terre battue. Nous nous mettons au diapason et adoptons le rythme du soleil, couchés à 7h.

 

Sixième jour, dernier jour de montée, culminant à 4700m, Puerto Mariano Llamucca, où nous observerons notre seul et unique condor. Cet animal symbolise, dans les croyances andines, le monde d’en haut, c’est-à-dire le monde des dieux. Outre celui-ci, on retrouve dans cette cosmogonie, le puma symbolisant le monde du milieu, celui des hommes, et le serpent symbolisant le monde d’en bas, celui de la connaissance. Tout cela se retrouvant dans la croix andine. Une fois passé le col nous nous poserons dans le village de Totora, où Anne-K donnera quelques cours particuliers à une petite Melany pendant que Nico continuera son approche du monde porcin.

 

Le septième jour nous offrira l’opportunité de profiter des sources chaudes jaillissant de la roche mère. Gilbert lui non plus ne demandera pas son reste, barbotant pour la première fois dans ces bains incas chargés de minéraux dissous aux vertus mystérieuses. Dernière nuit au coin du feu à Lloscamayo avant de faire nos adieux au bon Gilbert et à ses braves mules. Dans le pueblo de Playa, comme sorti de terre tout récemment, nous prendrons le premier collectivos à destination de Santa Teresa, traversant les plantations de café et de cacao.

 

C’est là que nous réalisons qu’Aguas Calientes, le pueblo d’où l’on a accès au Machu Picchu, n’est accessible qu’en train ou à pied. Nous avons donc prolongé notre trek de trois longues heures, le long de la voie ferrée pour rejoindre ce temple du fric. La marche s´émaillera tout de même des cris émerveillés de Sam face à une authentique parade nuptiale de coq de roche.

 

Le programme du lendemain était simple : bus à 5h30 du matin pour être sur le site à 6h00. Premières photos à 6h10, 6h15 Sam, en se promenant le premier sur le site, ruine les clichés d’un bon millier de touristes restés en haut du site pour avoir les plus beaux clichés (normalement vierge de tout humain). Nous enchaînons ensuite avec l’ascension du Wayna Picchu à 7h30, marches glissantes mais vue aérienne surprenante. A 9h30 nous quittons le site, un peu fatigués de toute l’agitation qui y règne. Pour la petite histoire, le MP a été redécouvert par l’historien américain Hiram Bingham en 1911 alors qu’il était à la recherche de la dernière cité Inca de Villcabamba. Aujourd’hui l’exploitation du site a été revendue à une entreprise chilienne… cela donne une impression de Macchu Picsou un peu écoeurant. Ceci dit, le site reste impressionnant…

 

Nous quittons vite Aguas Calientes par l’itinéraire bis pour rejoindre Cusco. Nous y passons une petite semaine dans le quartier San Blas à nous remettre du trek et à profiter des musées, de la vie nocturne, de l’artisanat cusquénien et des fausses cholitas en habits traditionnels accompagnées de leur lama posant pour quelques soles.

 

Comme l’envie de changement commence à se faire sentir, nous écartons de notre route Arequipa et son fameux canyon pour rejoindre doucement la Bolivie par le lac Titicaca et les paysages dorés de l’altiplano. A Puno, nous visitons les célèbres îles flottantes de Uros et Taquile grâce à l’organisation sans faille, minutée, du Tour « All Inclusive ». Ceci dit, nous faisons la connaissance d’un couple de belges, Elise et Geoffroy, qui font le tour du monde en 4 mois et avec qui nous passerons une chouette soirée arrosée de bières et de reggae.

 

Le passage à la frontière se fait sans incident et nous voilà à Copacabana, qui à donné son nom à la plage de Rio de Janeiro, les pédalos remplaçant les filles en maillots. Nous en profiterons tout de même pour visiter l’île hyper touristique du Soleil (lieu de naissance mythique du premier Inca) et nous dégusterons le meilleur repas depuis longtemps à savoir une superbe fondue au fromage agrémenté du vin La Conception de Bolivie (un peu râpeux quand même). 

 

Nous sommes arrivés à La Paz (3660 mètres) où nous demeurons actuellement dans une pension quasiment francophone pour la simple raison qu’elle se trouve en première position dans les petits budgets du Routard. Il fait plutôt frisquet et l’ambiance bolivienne parait plus populaire et tranquila que les grandes villes péruviennes.  

Pour la suite du programme, Sam prend l’avion le 24 pour rejoindre Nat en Thaïlande (temps de vol : 48 heures, escales à Santa Cruz, Miami, L.A., Séoul, Bangkok), Anne-k et Nico continuent vers le nord-est de la Bolivie pour rejoindre le beau temps et une hypothétique ferme bio accessible par bus en 30 heures en saison sèche (avec le même chauffeur) ou une semaine en saison des pluies. 

Pensées positives, paz, amor y suerte…

 

Par Anne-K, Sam et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 23:43

Salut amis de tous poils et plumes... 

Au risque de me répéter dans chaque article, beaucoup de chemin a été parcouru depuis notre dernier compte-rendu.. Il va donc falloir résumer à nouveau.

Nous sommes donc arrivés à Iquitos, une ville assaillie par les pétarades des motocaros, ces taxis tri-porteurs rappelant généralement l´Inde autant que le Taj Mahal. L´atmosphère y est très populaire, donc plaisante, et, en cette saison des pluies, les quelques touristes venus pour un trip all inclusive dans la jungle passent quasiment inapercus. Pour ne pas avoir traversé l´Amazonie sans avoir fait autre chose que goûter à ses jus de fruits délicieux, nous tentons de modifier l´un de ces treks pour le rendre un peu plus roots. Longue discussion avec Elvis, guide en forêt, issu de la tribu des Jivaros, mais celui-ci ne parviendra pas à nous convaincre. Il faut dire que le temps presse car la Semaine Sainte arrive à grands pas et avec elle le risque de rester coincés à Hout-Si-Plou les bains (de boue). 

Nos tentatives d´approcher un shaman local, pratiquant l´ayahuasca, ne connaitront pas plus de succès. Malgré la réputation d´un des villages voisins, utilisant ces pratiques pour traiter toutes sortes de maux, jusqu´aux addictions aux drogues, sous le controle de scientifiques américains et francais, les échos des touristes y aillant participer ne convaincront pas plus.

Pour faire plus ample connaissance avec les habitants de la forêt, nous nous rendons en bateau jusqu´à une petite communauté villageoise habritant ce que l´on appelle, en jargon région wallonien, un creaves, c´est à dire un centre de revalidation pour animaux sauvages... là nous y rencontrerons des saimiris, des singes hurleurs, qui hurlent vraiment très fort, des capucins (les singes pas les moines), des paresseux, un fourmilier géant, un jaguar,etc. Un petit monde fascinant dans son écrin de verdure où nous serions bien restés plus longtemps. D´autant que la proprio tenait un de ces crachoirs...

Comment parler d´Iquitos sans aborder le coloré, dépaysant, animé, odoriférant (les adjectifs me manquent) marché flottant de Belén, situé dans un de ses quartiers les plus pauvres. Nous y ferons de nombreuses excursions durant lesquelles notre curiosité sera toujours récompensée : allées de médecines traditionnelles amazoniennes, animaux de toutes sortes destinés à l´alimentation (tatou, tortue, poissons géants, caiman, ...), rouleuses de cigarettes, fruits et légumes aux formes abracadabrantes, etc again.

Le temps était déjà venu de reprendre le bateau-hamac en direction de Yurimaguas, dernière escale fluviale avant les contre-forts andins.

De là, Tarapoto, Pedro Ruiz et Chachapoyas. C´est dans cette sympathique bourguade sise à 2300m d´altitude que les talents de marchandage d´Anne-K feront le plus de victimes et en particulier le personnel de l´hôtel revash, dont il est dit dans le Lonely Planet que l´on y rentre pour un trek d´une journée et en ressort avec une expédition d´une semaine. Il faut bien avouer que nous repartirons avec un pack d´une semaine mais à un prix défiant toute concurrence. Merci A-C.

Cette semaine, que nous passerons en compagnie de Javier et Camille, sympathique couple franco-espagnole vivant à Lima, nous permettra de découvrir, à pieds et à dos de mules, la fascinante civilisation des guerriers des nuages et l´envoutante forêt qui l´habritait avant que les Incas ne débarquent. L´occasion de saluer la détermination des mules qui malgré les pentes boueuses et les onomatopées délirantes scandées à leur attention par notre bande de joyeux lurons, nous mèneront dans ces endroits reculés sans émettre la moindre plainte. Quoiqu´il fallut à Anne-K un certain temps pour dompter l´animal qui lui fit faire une chute après 5 minutes de ballade. Merci également á Edgar, notre guide et joyeux organisateur.

Sans rentrer dans les détails, nous visiterons ainsi les sites de Ayachaqui, Gran Vilaya, Pirquilla, la vallée de Belén (cfr photos) pour terminer sur la forteresse de Kuelap. Se succéderont ainsi sites funeraires á momies et cités disparues sous la forêt tropicale.

Pour rejoindre le pueblo de Leymebamba, nous avons été chargé par un camion vendeur de mangues. Le dispositif de transport se compose d´un plancher de bois situé a l´avant de la benne. Complètement inconfortable ce système ne permet pas de compenser les chocs provoqués par les nombreux nids de poules présents sur cette route. Nous avons donc mis un peu plus de temps que prévu pour atteindre le village.

Nous avons passé quelques jours dans ce charmant petit hameau à lire, écrire, se reposer et cuisiner au feu de bois. Nous avons quand même pris la peine de visiter un très beau musée comprenant deux cents momies et de très beaux objets d´art Chachapoyas et Incas. Au bout du compte, nous avions trouvé notre boulangerie, restaurant, cremerie et petit marché. Le temps à la belge devenant trop cru pour nos corps habitués à la douceur et au soleil, nous avons décidé de quitter nos habitudes pour reprendre la route, direction Cajamarca. 

Cette très belle ville situé à l´est des Andes est le centre d´une culture originale dont les vestiges proposent quelques belles excursions : les sources chaudes incas, les communautés agricoles et artisanales, les ruines et la cascade de la Llacanora. C´est également là que fut emprisonné et ranconné Atahualpa, le dernier Inca.

De toutes les sites visités, c´est sans conteste celui de Cumbe Mayo qui nous a le plus frappé. Cette vallée haut perchée, dans laquelle serpente un canal d´irrigation creusé dans la roche (datant d´il y a deux milles ans), renferme une humidité qui confère au lieu une flore très particulière. Les nuages omniprésents renforce l´atmosphère mystique de cet endroit chargé d´histoire (nombreux pétroglyphes).

C´est également non loin de Cajamarca que se trouve une des plus importante mine d´or au monde, celle de Yanacocha. Géré par une multinationale américaine, les normes environnementales ne sont pas une priorité. Cela entraine de nombreuses manifestations des habitants pour une amélioration de la qualité de l´eau et des conditions de travail.

Nous avons eu la chance d´assister à un spectacle de danses folkloriques péruviennes. Le présentateur à même fait applaudir le public pour notre présence et notre vif intérêt pour la culture péruvienne. Malheureusement, il faudrait une meilleure formation des ingénieurs du son pour éviter le surplus de décibels et autres problèmes techniques... 

Sur le chemin de la descente sur Lima se trouve Trujillo en bordure de l´océan pacifique. La première personne que nous croisons en ville, n´est autre que Gaël (qui a fait ses études à l´Isi et qui travaille actuellement à Quito) avec qui nous avons degusté nos premières Cristal (pils locale). Cet endroit regorge égalemet de sites pré-incas de culture Chimu. Le site de Chan-Chan est une énorme cité qui s´étend sur plusieurs kilomètres carrés mais qui a souffert des nombreuses intempéries dont El Niño. A contrario, le site du Temple de la Lune et du Soleil, découvert en 1991, est encore fouillé actuellement et est en meilleur état de conservation. Ces temples, en forme de pyramide tronquée couleur sable, semblent perdus au milieu du désert. Les archéologues mettent à jour les structures successives qui dévoilent des frises aux multiples couleurs de cette ancienne civilisation (-200 à 800 ap JC) (cfr. photos).

Nous avons profité de la proximité de l´océan pour tremper nos pieds dans l´eau dans une station balnéaire prisé par de nombreux surfeurs décolorés à l´eau oxygénée en quête de la meilleure vagu

Avant de fondre sur Lima, dans nos multiples chaud-froid, nous avons quitté le littoral pour gagner Huaraz, à 3091 mètres, entre la cordillère blanche et noire. Nous avons pu goûter à la fatigue de l´atlitude, vu que pour aller jusqu´au centre nous devions grimper quelques marches qui nous laissaient toujours le souffle court pendant quelques minutes. Ce centre de la randonnée et de l´alpinisme attirent de nombreux sportifs qui remplissaient la charmante pension familiale avec une vue imprenable sur les pics enneigés des Monts Huscaran (6768 mètres) que nous occupions. Nous avons fait une petite escapade jusqu´aux vestiges de la civilisation Chavin, berceau des civilisations andines. Les nombreux chamans étaient les intermédiaires entre les divinités naturelles et les communautés environnantes par le biais du cactus San Pedro (hallucinogène).

Le trek étant quasi une obligation dans cette région, nous avons grimpé les 800 métres de dénivelé dans le Parc Naturel Huascaran qui nous menaient jusqu´à un somptueux lac de montagne aux couleurs turquoises incroyables.

Une chance pour nous, la place principale de Huaraz, Place de Armas (comme toutes les places principales de toutes les villes péruviennes), fut inauguré en fanfare avec un super concert de Cumbia provenant d´Iquitos et en présence de miss Huaraz herself. Notre train au départ de Lima étant programmé quelques jours plus tard, nous avons repris la route, sans plus attendre.

La capital du Pérou est logée le long de l´océan dans une plaine entourée de montagnes sableuses peu élevées. Nous avons été chaleureusement accueillis par Camille et Javier (todavia un grande gracias) qui habitent à Miraflores, le quartier le plus chic de Lima. Nous avons découvert le quartier de Barranco, lieu de vie de nombreux artistes et meilleure adresse pour boire un pisco sour ou une cerveza helada. Lima est idéal pour visiter les plus beaux musées du pays, malheureusement pour nous, le plus grand était en réfection, prout.

Nous avons passé ue charmante après-midi sur le campus de l´Université d´agro de La Molina (parrainé par la fac de Gembloux) à renforcé nos connaissances en élevage de bovins, ovins, alpagas, lamas. Sam a pu profiter de la collection d´insectes de la Selva.

Nous avons pris le train vendredi 11 avril pour rejoindre Huancayo. Ce train part à une altitude de 200 métres et passe par 68 tunnels et 56 ponts et atteint durant le trajet une altitude de 4800 métres (c´est le train de Tintin au Temple du Soleil). Nous vous écrivons d´un cyber café enfumé par les pots d´échappement des collectivos, nous ne nous attardons donc pas plus longuement...suite au prochain numéro.

Suerte, amor y paz

Par Anne-K, Sam et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /Mars /2008 19:11

Sortie de l’aéroport, l’humidité nous prend pour cible, le changement s’amorce via une « douce » sensation de moiteur. On monte dans un taxi direction l’auberge de jeunesse. Fortaleza, comptant 2 millions d’habitants, est immense. Il n’y a pas que la chaleur qui est étoufante, les hauts murs des buildings bordant les plages de magasines Nouvelles Frontières nous pressent au départ. Direction donc Belèm dans le delta de l’Amazone, en traversant les états du Piaui et du Cerea avant d’entrer dans celui du Para. Le paysage de sertao qui couvre l’arrière pays est bien vert en cette saison des pluies mais à en croire les brésiliens, les pâturages ne tarderont pas à être brûlés par le soleil qui ici serait le plus chaud du pays. Certaines séchersses historiques ont d'ailleurs fait de nombreuses victimes. Entre ces grandes étendues dédiées à l’élevage, de petites sierra émaillent l’horizon.

 

undefined Arrivés à Belèm, importante ville portuaire d’où sont acheminés les géants arrachés à la forêt et où l’était le caoutchouc qui rendit la colonnie portugaise si riche, nous ne pouvons à nouveau que constater les écarts de richesse entre les brésiliens. L´hyper-consomation à laquelle certains s’adonnent ostensiblement non loin des tristements célébres favellas, renforce ce sentiment. Sentiment qui nous ramène à notre condition d’européen. Nous resterons quelques jours chez Gilda dans une pension vieille de 40 ans où l’ambiance est détendue. Nous y faisons la rencontre de Paul, français qui fait ses études de socio à Sao Paulo et qui profite de ses vacances pour visiter l’Amérique du sud, dont une bonne partie en stop, ainsi que d’une tribu de voyageurs venus d’un peu partout. Nous faisons nos emplettes pour le trajet de trois jours en bateau qui nous attend, en compagnie de la croisière s’amuse : bon nombre des gens de l’hôtel faisant le même trajet que nous ; un hamac, 5 litres d’eau, quelques fruits. Et c’est parti pour le bateau hamac, superbe invention pour rentabiliser l’espace. Entre chaque hamac 50 cm, trois étages sur l’embarcation dont deux pour les hamacs et un pour le bar ! En tout plus de 200 personnes à bord...La traversée se passe bien, malgré la promiscuité, quelques petits problèmes gastriques et les comportements douteux de certains passagers étrangers, comme le fait de balancer en se marrant des sacs de vêtements aux enfants se pressant aux abords du bateau pour récupérer les dons... De notre côté, on tente de relativiser et on prend le temps, au fil de l’eau, d’observer la forêt, de parler avec les gens, de jouer aux cartes, de dormir... de prendre le temps !

 

A Belèm, nous avions rencontré un anthropologue qui nous avait conseillé une petite bourgade en dehors des sentiers battus. Nous continuons donc notre route alors que les autres touristes restent à Santarem.

 

undefined Obidos, où nous nous faisons emmener en forêt par Mario, sympathique petit propriétaire du coin, ce qui nous permettra de faire quelques belles observations naturalistes ; puis Oriximia. Paul nous accompagne toujours et avec Sam, ils s’adonnent au relais-toilette, discipline dans laquelle ils passent maîtres pendant quelques jours. Nous meublons donc le temps à regarder passer le temps. Nous organisons tout de même une excursion motorisée dans les environs qui nous permet de constater que la forêt primaire est souvent remplacée par de grandes étendues herbeuses. Malgré les dizaines de kilomètres parcourus, nous n’arrivons pas à trouver la jungle tant espérée. En cours de route, il nous faut siphonner un peu d’essence d’un réservoir vers l’autre. N’ayant pas de tuyau, nous faisons appel à un habitant du coin. Devant sa maison, la peau d’un puma qu’il a abattu récemment. undefined Les enfants nous regardent avec curiosité tout en gardant leur distance. Le retour sera relativement casse-gueule, la pluie nous ayant précédé rendant la piste assez difficile. D’autant que Paul ne se sent pas bien croyant être atteint de la dengue. Les examens réalisés ne révélerons rien d’anormal.

 

L’aventure Oriximina nous laissera tout de même sur notre faim. Nous reprenons le bateau hamac, après une semaine, pour Manaus.      

 

Manaus, capitale du jungle trek full confort... A notre « grande surprise » nous y retrouvons une partie de la croisière s’amuse.  L’ambiance à l’auberge étant plutôt au lymphatisme, celle de la ville assez glauque et le prochain bateau pour Iquitos dans une semaine, nous prenons la décision de faire une incursion dans l’état du Roraima, frontalier du Vénézuela. Direction Boa Vista par une route traversant le territoire des Waimiri. Sa construction avait d’ailleurs donné lieu à de sanglants affrontements.

 

Là nous rencontrons Jean, restaurateur flamand installé dans le coin de longue date et ayant pas mal exploré la nature environnante. Il nous conseille de nous rendre à Tepequèm, un village de chercheurs de diamants niché entre les tepuis, ces montagnes plates si caractéristiques de la région. Le mont Roraima situé côté vénézuélien aurait été l’une des plus hautes montagnes du monde, environ 11 km, avant que l’érosion n’aie raison d’elle. A son sujet les légendes indiennes et des chercheurs d’or ne manquent pas. Une ambiance bien particulière donc.

 

Suivant les conseils de Jean nous frappons à la porte d’Alfredo, photographe italien ayant choisi le bled pour retraite. Manifestement il ne s’attendait pas à nous voir... Malgré cela il nous prodiguera conseils, abris et nourriture pour la durée de notre séjour, notamment de délicieux jus frais de maracuja. C’est sans conteste le principal attrait culinaire du Brésil que ces nombreux jus de fruits tropicaux.

 

undefined Le lendemain, un jeune du coin nous emmène voir l’une des cascades qu’abrite la région. Après quoi nous entamons l’ascension du sommet le plus proche, nous arrêtant en route pour la nuit, squattant la terrasse d’une maison non habitée à cette époque. Le point de vue atteint le lendemain matin sous un soleil de plomb est fantastique. Sous nos pieds les aras survolent l’épaisse forêt qui couvrent les fonds de vallées. Non loin de là débute le territoire des Yanomamis. Ils en sont légalement propriétairse depuis 1992 mais les incursions des chercheurs d’or et les nombreuses spéculations parfois orchestrées par l’état lui-même, ne leur laissent pas vraiment la paix.

 

Le sommet plat, quant à lui, habrite une végétation basse tout à fait particulière où croissent de nombreuses espèces d’orchidées enracinées dans la roche mère affleurante. Il fait chaud et nous souffrons de coup de soleil. undefined Le lendemain, il nous reste une excursion a faire ; aller rencontrer un garimperos (chercheur de diamants) d'origine allemande qui vit isolé à quelques kilomètres du village. Celui-ci vit dans une petite boîte de tolle à côté de la rivière. Il ne gagne presque plus rien, conditions de vie très difficiles pour un rêve inaccessible ; le filon a filé avec les garimperos il y a 10 ans. Et depuis l’état a interdit l’utilisation de machine. Les quelques irréductibles restant dans les parages arrivent tout juste à payer leurs dettes de jeu et de boisson. Pourtant les histoires concernant des filons importants encore non découverts circulent encore, alimentant la fièvre.

 

Nous enchaînons bus, car, bateau rapide (on avait le choix entre 7 jours de voyage ou 36 heures pour une petite différence de prix...). Nous nous arrêtons a Tabatinga,  ville frontière entre le Brésil, la Colombie et le Pérou. L’atmosphère est déjà assez diffèrente, il n’y a presque que des motos et c’est un peu plus le foutoir. Nous reprenons le surlendemain de notre arrivé le bateau rapide pour Iquitos au Pérou. C’est là que nous retrouvons Anne-Catherine dans une petite auberge tout à fait sympa au coeur de la plus grande ville du monde inaccessible par la route. Au total, nous aurons parcouru 3500 km sur l’Amazone et ce n’est pas fini puisque nous devons encore faire trois jours de bateau hamac pour rejoindre la route et nous hâter de rejoindre Chachapoyas au coeur des Andes avant la semaine sainte qui débute le 16 mars.

 

Le programme est de visiter le Pérou et la Bolivie puis, pour Sam rejoindre la Thaïlande et pour Anne-Catherine et Nico de continuer sur le Chili et l’Argentine. On s’est vite rendu compte que faire le tour du monde en un an allait être une course contre la montre, donc pour profiter plus des gens et des découvertes, nous adaptons notre programme !

 

Pensées positives...

 

Par Sam et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /Mars /2008 18:23
Bonjour à tous,  

De retour à Porto Novo de Santo Antao par la superbe route qui joint Garca de Cima a Riviera Grande, nous décidons de passer les quelques jours qu’il nous reste à Tarafal. Cette petite bourgade côtière semble enflamer l’imagination des voyageurs. Renseignements pris auprès de deux anglophones patibulaires assis au volant de leur énorme 4x4, l’île ne compterait que deux pilotes suffisament félés, ou « big balls guys » pour reprendre leur expression, acceptant d’entreprendre les 4 heures de route qui séparent les deux villes, celle-ci étant dans un état déplorable. Nous nous mettons donc en quête de ces hommes hors du commun, non sans une certaine excitation. Au bout d’une attente certaine, une maman accompagnée de ses enfants nous dégotte l’un d’eux. Nous voilà donc accrochés à la main courante de la plage arrière d’un pickup cahotant sur d’étroites pistes caillouteuses, qui sur certains tronçons sont à peine adaptés au transport à dos d’âne, ce qui n’empêche pas notre chauffeur d’appuyer gaiement sur le champignon, voire de faire la course avec un camion, pour le plus grand plaisir des autres occupants du véhicule. Le décor est, une fois de plus dans ces îles du Cap Vert, somptueux. A titre d’anecdote, nous traversons la région où est extrait le pudzolan, matériau entrant dans la composition du ciment, richesse de l’île.

 
undefined Une fois le dernier col passé, nous découvrons enfin le village, entouré d’un hallo de cocotiers et d’une vaste plage de sable noir. Ca vallait bien les quelques frayeurs encourues sur le chemin.

 
Descendant de la voiture tout courbaturés, nous demandons à notre chauffeur, que nous voyons de face pour la première fois, combien nous lui devons. En guise de réponse, celui-ci nous répond qu’il est le pasteur du village, ce qui ne correspond pas nécessairement à ce à quoi nous nous attendions selon la définition des anglais. Nous l’appellerons les jours suivants « Pasteur Big Balls ».

 
Ce ne sera pas la seule surprise que nous réservait Tarafal. En effet, un couple d’allemands y tient une pension décorée façon zen, où ils servent de gargantuesques buffets pour une somme tout à fait démocratique, l’appéritif étant offert... Bombance. Nuit sur la plage. Remontée de la vallée jusqu’à la cascade abreuvant les cultures villageoises. Charmant.

 
L’allé fut terrible, le retour de nuit encore un level au dessus.

  undefined
Quittant Santo Antao, nous rejoignons Mindelo où nous squattons un appart gracieusement prêté par une soeur de Paulo. A peine arrivés, nous nous ruons chez George et son épouse qui nous accueillent avec un grand sourire et une délicieuse cachupa. Les festivités carnavalesques durent déjà depuis quelques jours, les différents groupes défilant séparément dans les rues, mais l’apothéose doit avoir lieu le jour suivant. De fait il ne s’agit pas d’un petit carnaval cheap façon Andenne les bains : les chars sont richement décorés et les madames emmaillotées et emplumées façon Rio. Les grogs arômatisés ou secs coulent à flot et certains participants ne tardent pas à être complètement jetés et leur comportement franchement limite. Qu’à cela ne tienne, l’ambiance est familiale et détendue. Nous nous laissons donc envahir par la liesse générale... Nous finirons la soirée échoués, surtout Sam, dans une soirée rassemblant les participants au défilés où nous sommes rentrés grâces à quelques connaissances faites en journées.


undefined Le lendemain, il faut ramasser mes morceaux assez rapidement, trop je dirais, car nous embarquons pour Fortaleza do Brasil, en avion... Hé oui, le plan cargo à foiré, la navire que nous convoitions souffrant d’avaries sérieuses.

Par Sam et Nico
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus